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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 13:03

Chapeau bas Philippe Pouchin

Pour Philippe Pouchin, le vignoble est un théâtre : “chaque année,  nous donnons vie à un nouveau spectacle. Et il n’y a pas de img_1209.jpgrépétition générale.” Pas que l e vigneron qui a élevé Château Bas au haut rang auquel il se trouve aujourd’hui considèr e son travail comme une œuvre, l’homme est trop modeste pour cela. C’est l’arrivée des vendanges et l’imminente naissance de son quinzième opus qui l’obsèdent. “Lorsque je regoûte des millésimes anciens, je me surprends parfois à me demander comment j’ai réussi à arriver à tel ou tel résultat.

 

Chaque millésime est une remise  est question, qui engrange des doutes, des incertitudes.” Faire du vin, c’est faire des choix : au cours des vinifications, des assemblages (de parcelles mais aussi de cépages), et “lorsque le choix est fait, on ne peut plus revenir en arrière ; il faudra l’assumer jusqu’au bout.”


Une culture bio pour parvenir à l’essentiel. En observant les vignes qui se trouvent à quelques pas du château, l’enherbement total, une marque de fabrique signée Philippe Pouchin, n’échappe à personne. L’amateur lambda pourrait y voir une certaine négligence surtout après avoir vu, en Provence ou ailleurs, des rang propres comme des blocs opératoires où pas un brin d’herbe ne dépasse, pulvérisés qu’ils ont été par des produits chimiques en tout genre. Or, cette démarche est biologique. Le choix de l’enherbement total est-il un passage obligé de l’agriculture bio ? “Le sol est d’une complexité inouïe, que l’on a pas fini d’explorer, entame Philippe. Plus il y a de biodiversité, plus le système est stable ; à nous d’être garants de son bon fonctionnement.” L’herbe prévient certaines maladies, anime une diversité biologique, irrigue et crée une concurrence avec la vigne. “C’est la raison pour laquelle le travail du vin se fait dans la vigne. Moi aussi je suis passé  par l’agriculture conventionnelle mais j’ai appris à tout désapprendre. J’enlève des couches pour tenter de parvenir à l’essentiel. En gros, je commence à faire du vin.”

 

Chacun se fera une idée du résultat en dégustant le travail d’orfèvre de Philippe Pouchin. Objectivement, d’une année sur l’autre, ses vins démontrent une grande variété d’expressions, des tonalités différentes et une expression fidèle du sol. Loin des trop nombreux rosés aseptisés que l’on rencontre en Provence, les vins de Philipe Pouchin nous enseignent deux choses : le rosé n’est pas un genre secondaire dans le vin ; la Provence, qui ne se limite pas à son sacro-saint rosé, peut produire de grands vins blancs et de grands vin rouges. 

Quinze ans plus tard, le vigneron qui tient à ses deux cuvées phares Pierre du Sud et Temple (en blancs, rosés et rouges), peut-être car elles lui permettent de mieux mener à bien sa réflexion, est loin d’avoir fait le tour du sujet : “ceux qui pensent y être arrivé et qui donnent l’impression de ne plus avoir rien à avoir à apprendre du vignoble, au même titre que ceux qui croient dompter la nature, se mettent bien le doigt dans l’œil. On n’a jamais assez d’une vie pour devenir un bon vigneron.” Idem pour un artiste, est-on tenté d’ajouter.


La Grande Dégustation. Il y a quelques mois, Marie Lottin, en charge de la communication à ChâteauBas, m’avait proposé (ainsi qu’au blogueur Emmanuel Delmas) un tour d’horizon des vins de Philippe Pouchin. Dans les “bureaux” de VinSurVin, à Paris, Emmanuel et moi avions “passé au crible” une verticale de cinq millésimes, dans les trois couleurs. J’ai choisi deux millésimes par couleur. Commentaires.


Temple, rosé, 2009. 100% barriques neuves. Assemblage de mourvèdre, syrah, grenache et rolle (cépage blanc !). Un travail d’équilibriste, comme le suggèrent ces assemblages savamment dosés. L’esprit est très “vin nature”. En bouche, c’est la matière qui saisit instantanément : elle est dense et ample. Le vin est très équilibré, tendu et fier. Les notes d’oranges sanguines apportent fraicheur et acidité.  Cuisine exotique.


Temple, rosé, 2006. 80% de syrah, 20% de mourvèdre. L’assemblage qui se limite à 2 cépages (contre 4 en 2009) nous prouve la réflexion menée par le vigneron et les choix, si ce n’est, les risques entrepris, afin de sculpter le plus beau vin possible. Ce vin rappelle une ancienne connaissance à Emmanuel Delmas, mais on n’en dira pas plus ! La couleur, tuilée, est superbe. Ça c’est du vin ! s’écrie-t-on. De superbes aci dités, des arômes de “soupe de  fraise” pour l’un, de “minestrone de fruits rouges”, pour l’autre ! Quel jus, quel fraicheur en bouche. Tajine ; plat sucré-salé.


Temple, rouge, 2007. 80% cabernet-sauvignon, 20% syrah. Non filtré. Le nez est super puissant, animal avec une réduction très légère. Le cassis, associé à de beaux épices (poivre noir) et menthe sauvage, fait des ravages. La bouche est imposante mais loin d’être opulente, les tanins cadrés. Le jus est manifeste en bouche. Fruits noirs, notes animales, de cuir, d’épices et de garrigue se mâchent littéralement. Une bombe. Le millésime 2005, (cabernet-sauvignon 80%, grenache 20%), d’un gros potentiel de garde, verse également dans le registre de la puissance maîtrisée. On salue son élégance, ses fruits rouges mûrs, le réglisse et la tapenade. Viandes rouges ; gibiers.


Temple, rouge, 2003 est composé de syrah (40%), de grenache ( 35%) et de cab-sauv (25%) : choisir les meilleures parcelles, assembler les plus belles baies (et jouer aux apprentis-sorciers) ne risquent pas de donner des vins identiques d’une année sur l’autre. La robe est d’une couleur sombre. Élégant, velouté, son nez appelle le fruit rouge friand, le cassis frais et croquant. Il est fumé, floral, printanier. La bouche est ronde, tendre. Le fruit est mûr, juteux, gorgé de soleil. Des notes torréfiées, de cacao s’imposent sur des tanins un peu secs. Si le bois demande encore à se fondre un peu, dévoilant au passage un élevage assez long, la dimension du vin est assez énorme et sa profondeur littéraire. Viandes rouges, gibiers.


Temple, blanc, 2008. Sur des sols limono-argileux sur calcaire, la combinaison cépage du nord (sauvignon) et cépage du sud (rolle) est intéressante à plusieurs titres : l’origine bi-polaire des deux cépages, la capacité du sauvignon à très bien s’exprimer dans le sud et sa place conséquente qui vise certainement à fixer la minéralité. L’élevage se fait sur lies entières, l’hiver, sans soufre. Une seule filtration avant la mise e n bouteille. Sa robe est limpide avec des reflets dorés. Le nez révèle le calcaire, la minéralité, ds fleurs blanches et de jolis fruits blancs. La bouche donne la priorité aux fruits délicatement parfumés. Elle oscille entrer élégance et une certaine austérité. Le vin est très plaisant. Poisson en sauce ; foie gras.


Temple, rosé, 2006. Une fois de plus, un assemblage riche et très intéressant : sauvignon 40%, rolle 40%, grenache blanc 20%, qui nous montre combien le vigneron cherche une voix et se remet constamment en question, n’hésitant pas, malgré la réussite antérieure, à remettre son ouvrage sur le métier. La couleur est assez soutenue, les jambes épaisses annonçant gras, alcool et matière. Le nez est très fruits jaunes, beurré aussi, scindé par une franche minéralité. En bouche, le vin est résineux avec des notes de raisins secs, un fruit sèveux. La bouche est grasse en effet et joliment soutenue par de douces épices. Fromage de chèvre de pays.

Chapeau bas, Monsieur Pouchin.

 

 

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Published by pphilippe - dans Presse
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